Draguez en bas, jamais plus haut…
un parmi les “effets de groupe”

Drague (éventuellement) avant et après, mais surtout pas pendant la course!

attention à la drague!

La volonté de plaire (consciente ou non) est un GRAND facteur de risque.

Cela est une partie de “l’effet de groupe” connu mais ô combien difficile à appréhender. Il y a beaucoup de situations différentes où ces phénomènes nous jouent des tours:

  • la guide de montagne, consciente de son aura, en rajoute un peu pour épater la galerie
  • la monitrice veut plaire à ce charmant jeune homme qui débute, avide de conseils
  • le fringant (jeune) homme veut en montrer à ce groupe de magnifiquement talentueuses randonneuses
  • la (vieille) fille aimerait bien se fouler une cheville pour être redescendue à dos d’homme

Puisque l’on est paraît-il classé dans le groupe des “animaux sociaux”, il y a donc des règles inconscientes qui sont ancrés chez l’être humain. Par exemple le besoin de plaire. Autant le savoir lorsqu’il s’agit de prendre une décision en terrain risqué (avant la pente avalancheuse entre autres).

Je suis persuadé qu’on est bien plus admiré si on a réussi à redescendre avec le groupe au complet, même en renonçant au sommet, plutôt que d’avoir quelqu’un sous la neige, dans une crevasse ou plus bas que le dernier spit au sol.

Lionel

La communic-action!

Communiquer est vital.

C’est aussi vrai en escalade, avant d’arrêter d’assurer son partenaire au mauvais moment par exemple.

Et c’est surtout vrai en montagne: les discussions entre tous les membres du groupes sont extêmement importantes!  et peuvent sauver des vies.

Egalement en écoutant les moins expérimentés.

la communication

Je ne dis pas qu’il faut s’arrêter toutes les dix minutes pour babiller, mais certains accidents d’avalanches mortels auraient pu être évités si le chef de la course avait écouté son groupe et les doutes des moins expérimentés.

Je reprends quelques exemples du livre Les décisions absurdes II de Christian Morel pour illustrer cet aspect ultra-important dans la gestion du risque:

  • L’aviation l’a compris depuis des années: il faut casser la hiérarchie dans le cockpit afin que la copilote puisse pouvoir agir quand la pilote fait une erreur. Les débriefing après le vol sont aussi extrêmement importants pour pouvoir rediscuter des erreurs commises et corriger.  Un débriefing après la course est aussi très important pour permettre à chacun de s’exprimer et apprendre des situations rencontrées.
  • Dans la marine nucléaire et à la NASA, ils se méfient particulièrement lorsque tout le monde semble d’accord et ne dit rien. Un débat contradictoire avec avocat du diable (!) est maintenant obligatoire avant chaque grande décision, ce qui permet d’envisager tous les aspects du problème. Ce n’est pas parce qu’on ne dit rien qu’on est d’accord! Donner la parole à tous les membres du groupe permet de révéler des autres avis que les gens n’auraient sinon pas exprimés spontanément.
  • En montagne, nous sommes souvent fatigués, parfois aussi stressés. Surtout la responsable de la course qui doit réfléchir en permanence à beaucoup de choses: horaire, conditions météo, situation avalanche, état du groupe,… Il est donc très facile qu’elle ne voie pas certains signes de danger! Encore une bonne raison d’en discuter gentiment avec elle.

Alors, soyons modeste, remettons-nous en question et acceptons de discuter de nos petites erreurs afin d’en tirer des conclusions et essayer à l’avenir d’en éviter de plus grandes.

Je pense qu’on apprend bien plus vite comme cela, expériences faites.

Lionel Kiener

Le genre masculin s’applique bien entendu également même s’il n’a pas été mis dans le texte afin d’éviter la lourdeur. (la lourdeur masculine est bien connue…)